eglise saint charles de borromée noto

noto eglise saint charles de borromee

L'église Saint-Charles de Borromée
postérieure à 1730 possède trois ordres superposés, dorique
ionique et corinthien. La nef en dépit de cartels peints sur
les voûtes est plus sobre.

noto via corso emmanuel III
Corso Vittore Emmanuelle III, la rue pricnipale de Noto.

via montevergini noto
Via Nicolaci avec au fond l'église Montevergini

noto via montevergini

Via Montevergini, vue vers le Corso Vittore Emmanuelle III.
A droite le palais Nicolaci di Villadorata avec ses terrasses
ornées de sculptures.

palais nicolaci di villadorata noto

palais nicolaci di villadorata noto

palais nicolaci di villadorata noto

palais nicolaci di villadorata noto
Ci-dessus :
détail des décors sculptés du palais Nicolaci di Villadorata.

palais a noto
Palais à Noto.


A côté des palais bien entretenus, d'autres malheureusement,
sont à l'abandon. Ici les rambardes des terrasses
rongées par les embruns ne sont plus solidaires de la façade.

vespa ape à Noto

Circuler en bus en Sicile :
Lors de mes séjours en Italie je me déplace
toujours en train, en bus urbains ou interurbains.
On a une meilleure vision du pays à la différence
des excursions proposées par les agences de
voyages. L’inconvénient c’est qu’il faut compter
avec les imprévus et autres contre-temps.

De Palerme à Agrigente, j’ai mis presque 4h00
pour faire soixante-dix kilomètres (voir Agrigente).
Pour aller de Catane à Noto, mieux vaut aussi avoir
un peu de temps devant soi. Avoir téléchargé les
horaires sur internet, demandé à l’office de tourisme
local, ou lu les indications à l’arrêt de bus
ne sert à rien.

Au mieux vous savez où le bus doit vous prendre.
Il est grandement préférable de s’enquérir de la
venue du bus auprès des habitués… et encore
eux-mêmes sont parfois aussi désemparés que vous.
Ne faîtes pas non plus  une confiance aveugle à ce
qui est indiqué sur le bus.

Le SEUL, je dis bien le seul, qui sache où va le bus
c’est le chauffeur. Il connaît sa destination mais
pas toujours l’heure d’arrivée.
J’ai mis 2h45 pour faire trente kilomètres ;
en ce jour fériés tousles habitants de Syracuse
partaient la plage créant des embouteillages
plusieurs kilomètres.
Pour aller à Agrigente nous avons pris deux
trains et un bus.
Celui qui me ramenait d’Acireale à Catane,
quinze kilomètres, s’arrêtait toutes les vingt
minutes pour refroidir son moteur.
“Chi va piano va sano”.

noto

Noto

Noto est une charmante petite ville à une trentaine de kilomètres de Syracuse. Difficile de s’y perdre. La nouvelle Noto, bâtie à partir du séisme de 1693 qui mit à terre l’ancienne cité à 10 km de là, possède un plan hippodamien où les rues se croisent à angle droit.

Trois avenues principales traversent la ville d’Est en Ouest. D’après la tradition la plus au Nord était réservée à la noblesse, celle du Sud au peuple et l’artère centrale, la plus importante, au clergé. L’orientation permettant de profiter du soleil toute la journée.

La porte royale, un édifice néoclassique érigée en 1838, marque l’entrée de la cité de Noto. Passé ce seuil, c’est un petit monde qui s’ouvre au visiteur. Difficile de se perdre… certes. Mais trouver mon B&B sans en avoir l’adresse s’est révélé plus arduque je ne le croyais.

Devant mon désarroi, un ancien vient à ma rencontre et s’enquiert du B&B Giardino del Barocco au café voisin. En vain. Quelques dizaines de mètres plus loin dans le Corso Vittore Emmanuelle III, même scénario et même résultat. Encore quelques dizaines de mètres et je rencontre un marchand d’épices. “Eh Gino… Il Giardinio del Barocco, tu connais” crie-t-il de l’autre côté de la rue avant d’attraper un gérant de café équipé d’internet. Merci Google ! En moins de cinq minutes Il Giardino del Barocco est identifié et localisé.

Il Giardino del Barocco à Noto

giardino del barocco a noto
Grand salon de la chambre d'hôtes Il Giardino del barocco.

Pour mon séjour à Noto, j’avais choisi un B&B dont les chambres, petites mais fonctionnelles, donnent sur un jardin planté d’orangers et de citronniers en fleurs dont le parfum embaume toute la maison au printemps. La véritable surprise eut lieu le lendemain matin au petit déjeuner : buffet digne d’un quatre étoiles avec charcuterie, fromages, ricotta, brioches (au sens italien du terme) et j’en passe servie par deux soubrettes à vos petits soins dans le grand salon du palais.

La pièce est décorée de fresques au plafond, le sol pavé de carreaux espagnols du XVIIIe siècle, les trumeaux rehaussés de petits tableaux représentant des scènes galantes. Giovanni, son propriétaire, tablette numérique en main conseille chacun de ses hôtes et à la fin de la collazione propose de faire les honneurs de sa maison. Il y a encore soixante dix ans, il Giardino del Barocco abritait le cabinet de médecine de son grand-père. Il a tout conservé, les journaux des années trente, l’agenda du médecin, la vitrine avec les instruments de chirurgie, le bureau. La maison est un musée.

Dans l’antichambre, le pardessus et un uniforme sont pendus à côté d’anciennes photos, dans la salle la table est mise à côté du phonographe et de l’antique TSF. Si la maison est décorée de papiers peints de cette période, dans l’entrée subsistent toujours ceux du XVIIIe et la chapelle particulière du premier occupant des lieux, un marquis espagnol.

Giovanni nous raconte l’histoire de sa famille et de cette maison. Sa diction est rapide mais son récit est émouvant. Il a des intonations chargées de nostalgie et de regrets. Je m’imagine à sa place. Issu d’une famille de notables qui a vu son train de vie se réduire au fil des générations.

noto eglise montevergini
Eglise Montevergini de Noto.

Les édifices religieux de Noto

Noto est à l’image de ma chambre d'hôtes : figée dans le passé. On y vit, mais depuis sa restauration par l’Unesco, aucun enduit, aucune tuile, aucun stuc ne se détache des bâtiments.

De l’église San Francesco all’Immaculata et son couvent en passant par la basilique San Salvatore et son monastère jusqu’à la petite église del Carmine, près d’une dizaine d’édifices religieux bordent le corso Vittore Emmanuelle III de Noto et les ruelles voisines. Tous baroques.

Sur le côté nord du corso, les plus majestueux sont mis en valeur par des escaliers monumentaux qui épousent la déclivité du sol. Le dôme et la basilique San Salvatore forment un ensemble cohérent. Du parvis du premier on domine celui du second avec ses volées de marches. Pas de courbes ni de contre-courbes, pas de façades incurvées, l’ensemble est rectiligne et symétrique aligné sur l’avenue principale. Les façades incurvées sont ailleurs, pas très loin. L’église Montevergini est spectaculaire. Sa façade s’inscrit dans un demi-cercle. Les grilles en fer forgé du couvent San Salvatore ne protègent aucun religieux d’une défenestration accidentelle. Elles s’ouvrent sur le ciel, le deuxième étage n’est qu’un décor. Son clocher est légèrement concave, comme si une vague amplifiait le volume du bâtiment.

Le décor néo-classique à pilastres du théâtre Vittore Emmanuelle de la fin du XIXe siècle répond à la fantaisie baroque de San Domenico. L’un des plus beaux, des mieux scénarisés – il y a une dimension théâtrale dans le baroque – jeu baroque de Noto grâce à la surélévation de l’église. Sa façade toute en courbes à deux niveaux avec une superposition d’ordres dorique et ionique domine la place du 16 mai en laissant le recul suffisant au spectateur pour l’admirer.

Ce même dialogue se retrouve avec le Palazzo Ducezio  de 1788 et le dôme. Ses architectes l’on placé sur un stylobate afin de lui donner un peu plus de hauteur face à la cathédrale – l’étage date de 1951. Aux colonnes engagées sur la façade de l’édifice religieux répond la colonnade formant portique de l’actuelle mairie. Toujours cette dialectique entre le religieux et le laïque.

Noto c’est aussi des palais avec leurs balcons soutenus de consoles finement ciselés de motifs animaliers réels et imaginaires. Les plus beaux se trouvent au palais Nicolaci di Villadorata. Des nymphes, des chevaux ailés, des lions peuplent les soubassements de ses terrasses. Les sculpteurs paraissent s’être amusés à multiplier les rinceaux dans lesquels le regard se perd.

san domenico notoEglise Saint-Dominique

La vie à Noto

La vie de Noto se concentre autour du dôme. Ce jour là une Excalibur blanche attendait des mariés ; des badauds et quelques invités aussi. Plutôt que de m’entasser avec les nombreux touristes, je préfère déguster un délicieux et un superbe granite un peu loin à La Vecchia Fontana. Superbe car celui que j’ai pris à la figue de barbarie (la figue d’Inde pour les Italiens) est d’un orangé des plus lumineux. Ceux à la pistache et aux amandes de Sicile, à la fraise et que sais-je encore ont tous de belles teintes vives sublimées par l’humidité de la coupe en verre. Sous une chaleur douce de printemps mais dont je perçoit la force par la réverbération au sol, ces granite m’apportent une fraîcheur reconstituante en fin d’après-midi. Leur saveur (et leur prix 1,50€ contre 4,00€ sur la Côte d’Azur) n’ont rien de comparable à ceux servis dans les stations balnéaires françaises.

J'observe les groupes de touristes. Une heure ne s'est même pas écoulé sur le cadran de ma montre qu'ils retournent au bus. Qu'on-t-il vu de Noto ? Le dôme ? deux ou trois églises ? Non, à Noto le visiteur doit prendre le rythme de la cité. Regarder ces enfants qui jouent au foot, le petit marché de produits locaux à l'entrée de la ville, observer ce marchand qui grille les poivrons au chalumeau ; s'asseoir sous les arbres pour profiter de l'ombre bienfaisante de leur feuillage. Il doit se laisser doucement imprégner par le parfum des fleurs d'oranger et atteindre une certaine sérénité intérieure.

La Trattoria del Carmine

Les repas en Sicile, les produits et leur prix, sont aussi très différents de la France et en partie du reste de l’Italie. Ici ont privilégie les produits locaux. Près de l’église del Carmine se trouve la trattoria del Carmine au premier étage d’une maison des plus banales. C’est la vitesse à laquelle les clients, des habitués, s’y sont engouffré qui a attiré mon attention. Pendant 10 mn une file presque continue de clients y sont entré. Par deux, par trois, seul ou en famille.

A l’intérieur deux grandes salles et une petite, pas de décor, un mobilier simple, des nappes en papier. J’ai choisi le plat du jour, des pâtes à la capricciosa avec vingt légumes différents. Un peu al dente mais excellente. Le deuxième soir, j’ai pris des antipasti de la terre et de la mer et en particulier les tomates séchées et fraîches de Pacchino à quelques kilomètres très parfumées. Un délice. A la table d’à côté un couple de Milanais un peu branché et symatique m’explique que cette trattoria est réputée au-delà de la Sicile malgré le service à la bonne franquette. Eux-mêmes ont fait plusieurs kilomètres pour y dîner.

A la sortie du restaurant, vers 21h00, en plein mois de mai, les rues sont quasi désertes alors qu’à Catane, à Syracuse les habitants flânent devant les vitrines ou à les terrasses des cafés. Quelques passants hâtent le pas pour rentrer chez eux. Est-ce les habitudes des campagnes siciliennes, l’obligation de se lever tôt, ou l’effet apaisant des fleurs d’orangers. La raison pour laquelle les habitants regagnent si prestement leur domicile  restera un mystère pour moi.

noto corso vittore emmanuel IIIPlace du dôme, rassemblement d'écoles.

 

san domenico noto
Chevet de l'église San Domenico.
Photo de titre: le Dôme de Noto.

porta reale noto
La porte royale de Noto fut réalisée par Orazio Angelini,
élève de Canova en 1838.

Ci-dessous :
Il Giardino del Barocco

giardino del barocco noto

il giardino del barocco noto

girdino del barocco noto

girdino del barocco noto

noto giardino del barocco

En haut et ci-dessus :
Il Giardino del barooco, le jardin, la chapelle du XVIIIe siècle
et le cartel du trumeau représentant une scène de bal.
noto place du 16 mai
Détail du monuments aux morts place du XVI mai.

noto le dome
Détail du monuments aux morts et du dôme.

monastere noto

monastere noto

Façade de l'église Saint-François et de la basilique et du
monastère Saint Salvador. Les fenêtres au second niveau
du monastère sont purement décoratives.

théatre de noto
Théâtre Vittore Emmanuelle place du 16 mai face à
l'église Saint-Dominique. Il fut inauguré en 1870.

hotel de ville noto
L'hôtel de ville de Noto.
Le classicisme du théâtre et de la mairie répondent
au style baroque de l'église Saint-Dominique et du
dôme: dialogue ou opposition ? En Italie, il existe
souvent une dialectique entre le religieux et
l'officiel.

anche gli angeli
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Lounge bar "Anche gli angeli" via arnaldo da Brescia
installé dans une église, derrière l'église Saint-Charles
de Borromées.

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noto galerie photos


Renseignements pratiques :

GPS: 36°53'00 N ,15°05'00 E
Habitants : 24 000

http://fr.wikipedia.org/wiki/Noto_(Italie)

http://www.comune.noto.sr.it/

http://www.ilgiardinodelbarocco.it

Il giardino del barocco
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Contact :
italie.chroniques@gmail.com

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